La démarque inconnue
La marchandise qui manque sans explication : ce qu’elle est, comment on la calcule, d’où elle vient et par quoi commencer pour la réduire.
Démarque connue, démarque inconnue
Les deux font baisser le stock. Une seule est un angle mort.
La démarque connue
Les pertes que vous avez enregistrées : la casse saisie, les invendus jetés et sortis du stock, les produits périmés, les démarques commerciales. Elles sont désagréables mais maîtrisées — vous savez ce qui est parti, et pourquoi.
La démarque inconnue
Ce qui manque sans explication. La marchandise figure encore au stock théorique, elle n’est plus en rayon, et aucune écriture ne dit où elle est passée. On ne la découvre qu’en comptant : c’est l’inventaire qui la révèle, jamais le logiciel de gestion.
Comment on la calcule
Deux opérations : la perte en valeur, puis le taux qui la rend comparable d’une année sur l’autre.
Le rapport de Quantinvo affiche l’écart dans l’autre sens — compté moins théorique, donc −30 quand il manque trente articles. C’est la même information : la démarque est cet écart compté comme une perte.
Le taux de démarque inconnue
Valeur de la démarque, divisée par le chiffre d’affaires hors taxes de la période, multipliée par cent. C’est ce taux qui se suit d’une année sur l’autre, et se compare d’un magasin à l’autre.
Un exemple
Prenons un magasin à 1 200 000 € de chiffre d’affaires hors taxes. L’inventaire laisse 14 400 € de marchandise manquante au prix d’achat. Le taux est de 14 400 / 1 200 000 × 100, soit 1,2 %.
D’où elle vient
Quatre causes, et deux d’entre elles ne sont pas des vols.
Le vol à l’étalage
La cause à laquelle on pense d’abord. Elle se concentre sur des familles d’articles précises : petit volume, forte valeur, revente facile.
Le vol interne
Plus discret, et souvent plus coûteux à l’unité. Il laisse une trace particulière : des écarts répétés sur les mêmes zones ou les mêmes horaires.
La casse non enregistrée
Un produit tombé, abîmé, périmé, jeté dans la benne sans passer par une sortie de stock. C’est de la démarque connue qui devient inconnue faute de saisie.
Les erreurs administratives
Une réception validée pour une quantité jamais livrée, un retour fournisseur non déduit, un code-barres qui encaisse un article pour un autre. Rien n’a disparu : c’est l’écriture qui est fausse.
Comment la réduire
Compter plus souvent
Un écart découvert douze mois après n’a plus de cause identifiable. Repéré dans le mois, il se relie à une livraison, à une zone, à une période.
Compter deux fois
Une seconde passe sur les rayons sensibles sépare la vraie perte de l’erreur de comptage. Sans elle, on traite des causes qui n’existent pas.
Corriger les écritures
Avant d’accuser le vol, reprenez les réceptions, les retours et les sorties de casse. C’est la part la moins visible, et souvent la plus simple à récupérer.
Cibler ce qui bouge
Les familles qui ressortent chaque fois méritent un comptage dédié, plus fréquent, et des mesures en rayon. Le reste n’a pas besoin du même effort.
Les questions qu’on nous pose
Qu’est-ce que la démarque inconnue ?
La marchandise qui figure encore à votre stock théorique mais n’est plus en magasin, sans qu’aucune écriture n’explique sa disparition. Elle se mesure en comparant le stock compté au stock théorique, donc uniquement lors d’un inventaire.
Comment calcule-t-on la démarque inconnue ?
En valeur : stock théorique moins stock compté, valorisé au prix d’achat. En taux : cette valeur divisée par le chiffre d’affaires hors taxes de la période, multipliée par cent.
Quelle différence avec la démarque connue ?
La démarque connue est enregistrée : casse saisie, périmés sortis du stock, démarques commerciales. La démarque inconnue n’a pas d’écriture — c’est précisément ce qui la rend inconnue.
Au prix d’achat ou au prix de vente ?
Au prix d’achat pour mesurer la perte réelle sur la valeur du stock, et c’est le calcul de référence. Au prix de vente, on mesure le chiffre d’affaires manqué : le chiffre est plus gros, et les deux ne se comparent pas entre eux.
À quelle fréquence faut-il la mesurer ?
Aussi souvent que vous comptez. Un inventaire annuel ne donne qu’un chiffre par an, sans cause rattachable ; un inventaire tournant en donne un par zone et par passage, ce qui permet d’agir.
Un taux élevé signifie-t-il qu’on nous vole ?
Pas forcément, et c’est l’erreur la plus fréquente. Les erreurs de réception et de caisse pèsent souvent autant que le vol. Reprenez les écritures avant de conclure : la correction y est plus rapide, et moins coûteuse.
Pour aller plus loin
Mesurez votre démarque avec Quantinvo
Zones et balises, double comptage, écarts en unités et en valeur dans le rapport.